Les dessins de Victor Hugo

J’étais adolescente. Je découvrais internet, et l’immensité de données déjà partagées. Je suis tombée sur ce monde très noir, cette pâte hyper graphique, un peu trash, un peu barrée, et j’ai été scotchée. Victor Hugo n’était pas seulement un grand écrivain, c’était aussi un grand dessinateur, avec une immense liberté, peut-être due au fait qu’il créait pour lui, pour son plaisir, pas pour vendre. Les dessins de Victor Hugo sont fantasmagoriques, ils empruntent à l’univers de la mer, des rêves, des monstres, de l’architecture.

Longtemps j’ai eu l’image ci-dessous en fond d’écran.

J’ai grandi. Il y a des choses dont on se lasse. Notre goût change… Mais je suis toujours absorbée devant ce travail. Je peux toujours regarder ses dessins des heures.

Je réclame un Noël à ma grande maman un livre sur les dessins de Hugo. Qu’elle trouve ! Comprenez que je n’avais pas demandé un livre en particulier, je ne savais même pas qu’il existait ! C’est un beau livre, ancien, où les illustrations couleurs sont protégées par des films. Je le garde depuis précieusement dans ma bibliothèque.

Pourtant malgré ce respect inaltérable, les années passent, j’étudie l’architecture et peu à peu j’oublie.

Quand le hasard te remet sur ta voie

En été 2017, je pars faire un stage de dessin dans les Pyrénées. Nous faisons une halte sur la route, à Toulouse. Nous avons une heure avant de repartir. Je rentre à l’office du tourisme et un petit prospectus me saute au yeux, De Poussin à Cezanne chefs d’oeuvre du dessin français de la collection Prat Nous y allons !

Et là, il y a cinq dessins de Victor Hugo. Dans lesquels je m’absorbe. Parce que je ne les ai jamais vu. Bien sur que sur la toile, une infime petite partie seulement de son travail est visible.

Je me laisse envahir par l’atmosphère sombre, les traits précis et les jeux de textures.

Un futur voyage

Pour moi, Victor Hugo a réussi l’adéquation entre figuratif et abstrait, entre suggestion et précision. Il lui suffit de quelques traits sur une tâche pour nous faire voir des paysages fantasmagoriques. Et parfois il nous laisse libres de voir, des châteaux, des monstres, des gens, des arbres. Dans ses recherches d’encres, de brou de noix , de café, parfois surgissent d’étranges personnages, des architectures oubliées. C’est un voyage.

Et c’est un autre voyage que j’espère faire bientôt. Au fief de ce dessinateur de génie. Aller à Paris pour voir la maison Victor Hugo, où sont conservés des centaines de ses dessins. C’est un de mes petits rêves, vous savez, ceux que l’on sait parfaitement réalisables, et que l’on fait traîner, comme un bout de chocolat sous la langue, pour mieux en profiter le jour J.

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