Festival d’Angoulême 2018

J’y étais ! Pour la première fois de ma petite vie j’ai enfin réussi, à être au courant des dates du festival avant qu’il ai lieu et à y aller ! Pour ceux qui l’ignore, le festival d’Angoulême c’est ZE festival français de la bande dessiné. Il a lieu à Angoulême vous l’aurez deviné. On a pris notre petite voiture au départ de Lyon (parce que le train pour traverser la France d’est en ouest c’est compliqué, y a des montagnes qui gênent). On a chargé des covoits, réservé un air-bnb et c’est parti !

Le musée de la bande dessinée

1 ère Exposition : Jacques Martin

Nous arrivons en ville et les premières tentes remplies de foule nous submergent un peu. Nous fuyons rapidement les stands de ventes des grandes maisons d’édition, où on trouve soit des livres que l’on peux acheter à Lyon soit des files de dédicaces interminables, pour nous diriger vers une exposition. La salle est pleine d’originaux de Jacques Martin, le dessinateur d’Alix et Lefranc (et bien d’autres). Les encrages sont parfaits, les détails innombrables, l’ensemble un peu figé. Je renoue avec les lectures de mon enfance avec un certain recul. J’admire le travail et en même temps compare avec les travaux que j’aime aujourd’hui, plus lâchés dans le geste. C’est quand même une sacré rétrospective ! Des images de mer notamment sont extrêmement graphiques.

Exposition permanente

Nous bifurquons après dans l’exposition permanente du musée. Ici aussi il y a tellement à regarder que l’on comprends réellement ce que l’on savait déjà. On ne pourra pas tout voir ! Je profite d’originaux de Sfar ou Tardi, admirant le trait relâché, à la fois maîtrisé et libre. On se rapproche carrément de mes goûts actuels. Une petite expo temporaire montrent le travail de dessinateurs étrangers. J’apprécie particulièrement l’univers d’Abdullah Hadia. Je serais super déçue de ne pas trouver de livres en français de lui au magasin à la fin.

Ballade en ville et autres expositions

La ville d’Angoulême est entièrement tournée sur le festival. C’est comme la fête de la lumière à Lyon, ceux qui n’apprécient pas ont dû déserter. Il y a des menus spéciaux dans les restaurants, des expositions BD dans toutes les boutiques, des stands de BDs d’occasion… On croise des dessins de ZEP au détour d’une rue ou de grandes façades dessinées par des grands noms de la bandes dessinées.

2 nde exposition : Cinq branches de coton noir de Cuzor et Sente

Je découvre cette bande dessinée à travers l’exposition de ses planches. Le sujet violent des combats me rebute d’abord, mais la délicatesse de la neige, des textures, le rendu hyper graphique et bien équilibré me plaisent. J’avoue que ce n’est pas une bande dessinée que je lirais même si j’en perçois la grande qualité.

Errance et découvertes

Nous finissons la journée sur les rotules après avoir visité les tentes des petites maisons d’éditions, et de nombreux autres lieux d’expos où des dessinateurs de styles variés présentes leur travail. Je susi ravie de rencontrer mes vrais collègues, et d’admirer des sérigraphies de toute la France. La nuit tombe sur la ville et les lieux d’expo se transforment en lieux de concerts.

Second jour

3 ème exposition : Emmanuel Guibert

Je découvre le boulot du lauréat du prix Goscinny 2017, Emmanuel Guibert dont je n’ai jamais lu un seul livre. J’adore son trait, ses textures, son boulot graphique et aussi quelques textes bien sentis.

Je mesure à quel point l’art de la BD est varié et infini. De l’album au strip de quelques cases, de l’abstrait au figuratif, de la simplicité à la saturation. C’est une immersion totale, violente et un peu nauséeuse.

Dernières expositions et retour à Lyon : Cosey et Fairy tales

Les yeux et le cerveau se sature petit à petit de tant de styles et d’approches différentes. le regard passe sur les encrages et les colorisations, ne voit plus les scénarios et se noie dans un trop plein graphique.

Nous parcourons le travail de Cosey, et le vide des montagnes nous fait oublier un temps la foule et les files d’attentes. On s’absorbe dans les lignes de forces et le cheminement.

Nous finissons par une exposition consacré au monde de Fairy tales, que nous connaissons par l’animé et non le manga dessiné. Malgré moi je ne peux m’empêcher de constater qu’on nous montre encore un encrage, sans le travail de la couleur. Sûrement parce que celui-ci est numérique ? J’aimerais une exposition de boulots plus manuels. Où comme dans les derniers boulots de Enki Bilal, la couleur vient en même temps que le noir.

Nous quittons Angoulême et je veux garder cette image calme et tranquille d’un Corto Maltese figé dans l’éternité, au dessus de la rivière, à fixer les oiseaux.

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