Linogravure [technique]

La linogravure est une de mes techniques fétiches, parce qu’elle a une simplicité de mise en place qui permet de s’y mettre en cinq minutes et parce qu’elle a un rendu brut que j’adore. Ma formatrice préférée trouve d’ailleurs que je cherche encore trop à aller dans le détails et la délicatesse et que je ne me laisse pas encore porter par la pureté de cette technique.

Pour ceux qui ne connaisse pas cette technique le principe est simple. La linogravure consiste à graver dans du linoléum, fou, non ?! Si si le truc qui sert dans le btp pour couvrir certains sols. C’est une matière assez molle, mais plus cassante que la gomme dont on peut se servir de la même façon (oui les gommes à effacer le crayon à papier). On vient dessiner dedans en creusant la matière à l’aide de gouges, outils qui se rapproche du burin du sculpteur ou du ciseau à bois. C’est une pointe de métal avec un bout en V mon préféré, ou en C, pour les plus usités.

Deux trois explications

La plaque de lino servira une fois finie de tampon comme dans toute technique de gravure, au sens où on encre la plaque de lino puis cette encre est transférée sur le support que l’on veut imprimer, du papier par exemple, par pression.

L’encre contrairement à la gravure taille douce (sur cuivre, alu, etc), ne reste pas dans les rainures mais vient au contraire se déposer sur les surfaces pleines, pas dans les creux. Lorsqu’on grave notre plaque, on vient donc enlever les futurs blancs, c’est à dire ce qui ne sera pas imprimé, en un sens on pourrait dire que l’on grave le négatif de notre dessin final.

Ce que j’aime moi, c’est me créer des petits tampons de 5 cm max de diamètre et m’amuser après à tester différentes façon de répéter ce motif. À partir d’un seul tampon, je crée ainsi plein de visions différentes d’une même base. Après je scanne ce qui me plaît et je peut y retravailler encore avec l’ordinateur pour faire des superpositions de couleurs par exemple. On retrouve beaucoup de travaux de linogravures dans mes créations sérigraphiées, ce qui peut paraître déroutant, pourquoi utiliser deux techniques d’impressions consécutives ? Mais la sérigraphie est cette technique qui me permet de rassembler texture macro de photos, tampon linogravé, motif de shibori et dessin à la plume !

Ci-dessus deux linogravures, une petite carte qui rassemble la luminosité des couleurs encrées et le graphisme noir brut de la lino, en second un travail étape 2 et 3 d’une plaque perdue.

La plaque perdue expliquée rapidement avec la petite planche ci-dessus.

    • J’ai gravé un peu mon tampon puis ai tamponné 6 exemplaires en orange de ma plaque à l’étape 1 de gravure. Donc orange = étape 1
    • J’ai continué à graver la même plaque puis ai tamponné 7 fois en violet l’étape 2, certaines fois calées sur la première étape certaines non. Violet = étape 2
    • J’ai continué encore à creuser ma plaque et ai réalisé une troisième étape que j’ai imprimée en noir. Noir = étape 3

Vous pouvez voir ainsi séparément les trois étapes, l’étape 1+2, l’étape 2+3 , l’étape 1+3 et les trois ensemble.

Des questions ? n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à me contacter pour un petit cours initiatique si vous êtes à Lyon !

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