Marbrure [technique]

La marbrure est pour moi intrinsèquement liée à la reliure (j’adore ce mot intrinsèquement, je suis ravie de pouvoir le mettre là!). Vous voyez ces beaux livres chez nos grands parents avec des reliures solides, des vraies, cousues, avec la garde marbrée ?

À l’époque les secrets de fabrication étaient fièrement gardés par les ateliers et avec le temps certains se sont perdus, au point qu’aujourd’hui on est pas forcément capable de reproduire des motifs d’alors.

Mais la marbrure telle que je la pratique n’a vraiment que le principe large de commun avec l’art de cet époque et de certains artisans d’aujourd’hui.

Le principe de la marbrure est assez « simple » et joue sur le principe des phases. On remplit un récipient d’un premier liquide, cela peut être de l’eau, même si traditionnellement c’est un mélange complexe avec de la gomme je crois, certains utilisent du lait en poudre, bref, moi j’utilise de l’eau ! Comme lorsque vous faites une vinaigrette vous savez que l’huile et l’eau ne sont pas miscibles, elles ne se mélangent pas. L’essence ne se mélange pas non plus avec l’huile, ni avec l’eau.

J’utilise de l’essence de térébenthine qui me sert à diluer de la peinture à l’huile. Leurs différentes densités font qu’elles ne vont pas s’enfoncer dans l’eau mais rester en surface créant une deuxième phase sur la première. On procède avec délicatesse en piquant la surface avec un pinceau ou en égouttant pour un effet caillouté. Mais les enfants arrivent tout à fait à quelque chose aussi, ils utilisent juste plus de matières ! Attention néanmoins l’essence de térébenthine est un médium dangereux, à utiliser dans un milieu ventilé, c’est une essence qui dégage donc des vapeurs.

Une autre façon de faire est celle du suminagashi, qui est une technique japonaise. Au lieu de l’huile et de l’essence, celle ci n’utilise que de l’encre de chine. De la vraie, attention, les encres à bases d’eau ne fonctionneront pas puisqu’elles seront de même nature que la première phase. Avec cette technique je peux aussi utiliser de l’essence selon les effets désirés. Cette technique demande une grande rapidité d’exécution, l’encre s’enfonçant malgré tout assez vite dans l’eau.

Une fois que le dessin sur la surface de l’eau vous plait, posez une feuille à fort grammage, pour l’aquarelle par exemple, 250 à 350g, sur la surface. Bien à plat, la feuille ne doit pas s’enfoncer dans l’eau mais se poser dessus. Une fois que toute la surface a été en contact avec le liquide on l’enlève à l’aide de pinces si nécessaire. Le dessin dessiné à la surface de l’eau s’est transféré sur votre feuille ! Dans la cas du suminagashi cette manœuvre a dilué le reste d’encre à l’eau, on doit donc la changer entre chaque tirage. Avec des jeunes enfants je fais moi même le tirage car cela reste assez délicat.

Si vous souhaitez un article avec toutes les étapes pas à pas n’hésitez pas et demandez !

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