Nouvelle-Calédonie [voyage]

J’ai vécu pendant 4 mois en Nouvelle-Calédonie, de juillet à octobre 2014. Le temps d’explorer les trois îles loyautés, l’île des pins et bien sur le caillou, la grande terre. C’est une terre mystérieuse. Ce sont des peuples accueillants mais sur la réserve, des terres explorées mais encore sauvages, un mélange entre tradition locale forte et culture européenne importée. Cela donne la Nouvelle-Calédonie ou Kanaky, un mélange hétéroclite avec des tensions qui restent palpables à l’approche du référendum qui doit rendre cette terre à ses peuples.

Je ne suis pas ethnologue. Le tissu humain est très complexe. Il y a les kanaks qui sont considérés comme les autochtones, les caldoches désignent les blancs qui sont nés là et descendent donc d’immigrés voir des colons ou des bagnards, les métros désignent les blancs de la métropole, il y a ensuite d’autres peuples immigrés depuis plus ou moins longtemps, les wallisiens et futuniens et des asiatiques de différents pays.

Souvenirs du voyages

Je garde un souvenir émerveillé de ces terres. Du sable fin et blanc, des tortues dès qu’on met la tête sous l’eau et qu’on tombe sur une prairie, la voie lactée telle que je ne l’ai jamais vue nulle part ailleurs, des gens curieux et fiers de faire visiter leurs terres et d’expliquer leurs coutumes, une terre rouge, des arbres gigantesques, des petits requins de lagon inoffensifs, une faune et une flore époustouflante… Tout est plus gros là-bas c’est drôle. Les cafards, les moustiques, les crabes des cocotiers, ils font tous le double de la taille qu’ils font en métropole. Les plantes carnivores sont énormes mais en métropole il n’y en a pas naturellement je crois ! Les gens sont zen ! La devise : casse pas la tête !

C’était pour moi la première fois que le dessin me rapprochait de personnes au lieu de m’en éloigner. Ce plaisir très solitaire et long, a été là-bas au contraire la base d’échanges mémorables. Je me rappellerais toute ma vie la bande de gamins qui me regardait faire un dessin lors d’un festival à Maré, commentant, riant, me demandant de dessiner telle ou telle chose. Mon souvenir le plus fort reste aussi lié à un dessin et à l’île de Maré. Nous avions été à Shabadran loin de la tribu qui nous accueillait sur l’île et notre hôte, Rose, nous avait fait la confession qu’elle n’était jamais allée là-bas. En y repensant, je pense aux nombreuses choses que je ne connais pas de Lyon et cela m’étonne moins. Je crois qu’il y avait des histoires entre les tribus aussi. Je lui avait offert un dessin de là-bas. J’étais heureuse, je crois que ça l’avait touchée. Un vieux à qui elle montrait ce dessin, m’avait regardé, soupesé presque et m’avait juste dit : « Tu es allée à Shabadran. » Les vieux là-bas sont beaucoup plus respectés que dans notre culture. Ils sont la mémoire, ils sont l’autorité. Et je ne saurais pas comment l’expliquer mais je crois qu’en disant cela, il me témoignait une forme de respect qu’encore aujourd’hui je garde au chaud dans mon cœur car je sais que ce n’était pas quelque chose d’obtenu facilement.

J’espère que les habitants de la Kanaky comme certains l’appellent là-bas, sauront apprendre de leur histoire parfois sanglante et à la fois si proche de la nature. Qu’ils vont construire un monde en harmonie qui soit riche de tous les peuples passés par là.

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