Photographier et Dessiner des animaux

Je profite de mon voyage au Canada pour faire un article sur le dessin d’animaux d’après photo ! Ce qu’il y a de super déjà c’est qu’il n’y pas besoin d’une bonne photo pour faire un bon dessin. En fait même souvent c’est l’inverse quand une photo est trop belle je n’ai pas envie d’en faire un dessin, car l’image me suffit telle qu’elle est.

Par contre derrière une bonne partie de mes dessins d’animaux il y a une photo. Ça arrive que je les dessine directement, c’est rare, ils bougent beaucoup ! Ou que je les dessine de mémoire après les avoir beaucoup regardé.

Ci-dessus un des rares dessins que j’ai réalisé récemment fait en direct devant l’animal. Les cygnes étaient tous en mode sieste, c’était gracieux et cela se prêtait très bien au dessin direct. Vous pouvez retrouver ce dessin en vente sous forme d’affiche.

Prendre en photos des animaux sauvages

Écouter

La base en fait serait déjà de s’arrêter, mais si comme moi vous faites des photos lors de balades, on est d’accord que la balade à l’arrêt peut prendre un temps certain. Du coup le premier conseil que je donnerais serait d’écouter. Plus vous écouterez plus vous sentirez ce sens se décupler. Chez beaucoup c’est un sens en sommeil qui sert très peu au quotidien. Vous verrez qu’en vous concentrant, pourtant, il devient très prenant. L’oreille vous permettra la première chose pour voir un animal en nature, le situer. Et les oiseaux font parties de ceux qui sont les plus bruyants dans la forêt, mais pas les plus simples à voir !

Au Canada les deux plus faciles à repérer ce sont eux ! L’écureuil fait un bruit très caractéristique pour défendre son territoire et surtout sa cueillette. Perché dans un arbre, il le dépiaute littéralement et consciencieusement jetant à terre tout ce qui l’intéresse pour y ramasser plus tard.

Le pic quand à lui martèle le tronc de l’arbre à la recherche de sa nourriture, c’est un son très fort et très localisé. L’oiseau est assez gros aussi et bouge mais reste sur un même tronc un certain temps ce qui est pratique. je ne suis pas contente de cette photo et c’est sûrement un futur dessin !

Se taire et s’immobiliser

Mais en prêtant attention, beaucoup d’animaux communs ne seront pas trop craintifs et vous permettront de les prendre en photo. Je vous conseillerais des choses très basiques : se taire, éviter au maximum de faire du bruit ou de bouger. Si vous devez bouger pour vos réglages et votre appoint faites le lentement. Ne vous approchez pas trop des animaux. Ne leur donnez surtout pas à manger que ce soit pour les attirer ou votre plaisir, les animaux sont autonomes et doivent le rester ! Même mettre un mangeoire dans votre jardin en hiver n’est pas en fait bénéfique pour eux.

Et puis je crois que se qu’on aime aussi dans cette rencontre, c’est son côté sauvage, surprenant, éphémère ?! Parfois je n’ai pas le temps de prendre une photo, j’observe simplement. Et parfois la chance sert mon observation et je vois des choses à côté desquelles j’aurais pu passer sans les voir !

Observer ses mouvements, ses habitudes

J’ai découvert au Canada l’art des premières nations, les peuples autochtones. Et je suis tombée en amour de leurs dessins. Ils pourraient passer pour « naïfs » « simplistes » ou une certaine mode les qualifierait de « minimalistes ». Pour moi ils sont l’expression d’une connaissance absolue de l’animal. De générations de chasseurs et de pêcheurs qui ont regardé, des heures inlassablement. J’ai aimé le travail de Ashevak Kenojuak,et de Teevee Ningeokuluk (ci-dessous) par exemple.

C’est en comprenant qu’on apprend à dessiner je crois, et en dessinant qu’on comprend ! Comment bouge l’aile, comment le cou se dresse, comment le vol se décompose, mais aussi comment le chat met ses oreilles en arrière pour attaquer et prend appuis sur ses pattes pour bondir.

Aller au zoo vs observation naturelle

Une prison pour animaux

Je suis toujours très partagée quand je dois parler des zoos. On se permet de mettre des animaux sauvages dans des cages plus ou moins grandes, à la vue d’innombrables visiteurs, avec parfois plus de congénères qu’ils n’en auraient fréquenté dans la nature et on leur apprend des tours très farfelus par rapport à leur comportement sauvage.

Un média de sauvegarde

Ceci dit la plupart des zoos œuvrent à la sauvegarde des espèces et de leurs milieux naturels. Principalement en montrant au public des animaux invisibles dans la nature pour qui ne les traque pas expressément. Cela permet un attachement, une sensibilisation et une meilleure compréhension lorsque nous nous rendrons après sur leurs territoires. Aussi ne vaut-il pas mieux voir une tortue verte en aquarium plutôt que les mêmes foules se déplacent pour les voir en mer et saccagent par leur simple passage massif leurs prairies marines sources principales de nourriture ?

Des petits d’espèces menacés (par l’homme…) naissent en zoo, des sommes sont reversées dans leur sauvegarde, la recherche, la compréhension.

Je vais donc en zoo. Cela me permet de voir des animaux que je ne verrais pas autrement et de les dessiner. Je les dessine pour vous les montrer et participer moi aussi à cet attachement envers eux et donc à leur protection et leur respect.

Les zoos au Canada

Au Canada, l’espace disponible est tellement grand que les zoos que nous avons visité était tout à fait respectueux des animaux. Avec des zones de replis hors de vision des visiteurs, des enclos très grands, voir de grandes zones safaris où des espèces non agressives étaient mélangées.

Le petit ours brun que vous pouvez voir ci-dessus avait été recueilli la semaine précédente avec ses deux frères suite au décès de leur mère renversée par une voiture. C’est une autre façon de protéger ces animaux face à notre présence toujours plus envahissante. En plus des grands parcs naturels interdits à la chasse dont le Canada est doté.

Dessiner, tester, ré-essayer

Lorsqu’on dessine d’après photo le travail est déjà à moitié fait. Vous avez déjà un objet en deux dimensions et immobile ! Les ombres ne bougeront pas, votre cadrage en fonction de vos mouvements non plus !

Il est plus facile alors de faire ce qui est pour moi la base du dessin : décomposer.

Ce que je vois cela s’inscrit dans un rond ? Dans un carré ? Si c’est plus complexe, est-ce que je peux le diviser en plusieurs formes simples ? Ce hibou ci-dessus par exemple, peut-on voir un rond pour sa tête, un pour son cou, un pour son corps, assorti d’un triangle pour le bec, de deux autres pour les pattes et d’un rectangle pour la queue ? Une fois ces éléments correctement proportionnés les uns par rapport aux autres, vous pouvez tester divers styles pour décrire les plumes, le pelage, l’œil…

Et on décompose toujours, ses plumes comment s’organisent-elles ? On pourrait penser à des écailles de différentes couleurs, des arcs de cercles qui se combinent de façon plus fines ou plus large selon les zones…

Comprendre ce que je vois, dessiner et comprendre ce que je dessine 🙂

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