sérigraphie [technique]

La sérigraphie est un pochoir très amélioré. À ne pas confondre avec les techniques de gravures qui sont plus proches du tampon. Ici l’encre passe à travers des mailles alors qu’en gravure elle est transférée du tampon au support d’impression par pression (par presse ou manuelle).

Le principe de la sérigraphie c’est un cadre (bois ou alu) sur lequel est tendu un nylon. Comme pour les tissus naturels, sa trame est composée de fils tissés et forme un support poreux. C’est à travers les trous que va passer l’encre. Le tout étant de boucher les trous que ne nous intéressent pas !

Les étapes de la sérigraphie :

  • Préparation du cadre, on l’enduit avec un produit photosensible, c’est à dire qu’il va durcir à la lumière. Pour que ce ne soit pas le cas avant que l’on en ait besoin, on le garde une fois prêt, et pour qu’il sèche, dans une boite obscure.
  • On imprime notre typon, le typon est un film en plastique transparent sur lequel en vient imprimer notre dessin en noir pur. Pourquoi ? Parce que la sérigraphie est un principe binaire, les pores du nylon sont soit bouchés soit ouverts !
  • On vient ensuite poser notre typon sur notre cadre préalablement préparé (la veille c’est mieux, pour qu’il ait séché) et on pratique l’insolation. Insolation = exposer à la lumière. Le noir du dessin sur notre typon va venir protéger le produit photosensible en bloquant les rayons lumineux. Tout le reste du produit exposé directement va durcir.
  • Une fois l’insolation finie, on rince le produit non durci. Tous les pores du cadres sont bouchés par le produit sauf ceux qui étaient protégés de la lumière par le typon, l’eau suffit à nettoyer le produit et on obtient donc un pochoir d’une qualité aussi fine que la trame choisie à la base (on en parle en nombre de fils au cm carré) cette trame peut être comparée aux pixels en numérique.
  • On sèche le cadre et on est prêt à imprimer ! On parle de tirages.
  • Un tirage consiste à utiliser la racle pour forcer l’encre à passer à travers la maille du cadre.
  • On peut répéter cette action une bonne trentaine de fois si l’on utilise les bonnes encres et du retardateur pour éviter que l’encre ne sèche trop vite et ne bouche les petits trous du pochoir. Sinon on peut rincer l’encre. J’utilise des encres à l’eau qui se rince avec… de l’eau et un peu de produit vaisselle ! Si par exemple je veux changer de couleur pour imprimer, cette étape peut être nécessaire.
  • Quand on ne souhaite plus se servir de ce dessin on peut réutiliser le cadre pour recommencer tout le cycle, pour cela il suffit de le dégraver ! Avec de l’eau à haute pression et un produit nettoyant on vient enlever l’émulsion photosensible durcie.

Quelles images pour la sérigraphie et quelles couleurs ?

La sérigraphie commence bien avant les étapes photographiées plus haut. Elle commence lorsque vous préparez votre visuel. À la main ou sur ordinateur, collage, peinture, lavis, tout est permis. Le tout étant de connaître suffisamment la technique pour savoir comment vous allez pouvoir l’imprimer après.

Personnellement je suis une flemmarde et je fais rarement plus d’un tirage par planche. En sérigraphie cela voudrait dire normalement une seule couleur. Car sinon les encres se mélangent or c’est moi exactement ce que j’adore faire ! Dans ce cas là on obtient des dégradés.

Si vous vouliez parfaitement contrôler quel endroit va être jaune, rouge ou vert, il vous faudrait créer autant de calques d’images noires et blanches puis de cadres que de couleurs que vous souhaiteriez. Le cadre du jaune, le cadre du vert, etc… Et que dans chaque calque vous ayez les mêmes croix de calage, au même endroit pour pouvoir correctement superposer vos calques. Ce n’est pas très compliqué, juste un peu long ! Cela se rapproche d’un fichier numérique rvb ou cmjn c’est à dire que l’image est obtenue par superposition de couleurs de bases, primaires ou pas.

Quelques exemples de créations que j’ai réalisés avec cette technique. :

Des questions ? 🙂

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